le redoublement à l'école primaire

Redoublement à l'école primaire

1. Problématique

Traditionnellement, le redoublement  scolaire, c'est-à-dire le fait de recommencer une année d'études, est une pratique aussi vieille que l'école comme institution sociale. Au début des années 60, on a assisté à l'avènement des politiques de promotion automatique. Cependant, au début des années 80, dans le but de rechercher l'excellence, on a mis fin à cette pratique pour retourner aux examens formels rigoureux afin de vérifier les acquis académiques des matières de base.

Au début des années 90, le milieu de l'éducation lançait un cri d'alarme face au nombre trop élevé d'abandons scolaires. Les risques d'abandon scolaire au secondaire seraient intimement liés au retard scolaire accumulé lors des études primaires. Pour favoriser la réussite du plus grand nombre, plusieurs mesures sont alors proposées à l'intérieur d'un Plan d'action (Chacun ses devoirs, 1992).

Cette préoccupation est renforcée par les résultats des recherches, tant européennes qu'américaines et canadiennes, qui arrivent à des conclusions semblables:

 

«Le redoublement n'entraîne pas des effets positifs, n'est pas aussi efficace qu'on le souhaiterait et même peut avoir, selon plusieurs auteurs, des effets indésirables».

2. Le redoublement et le retard scolaire

A. LES MOTIFS : Dans toutes les écoles, on considère que le redoublement doit notamment viser à donner la chance à l'élève de faire les acquisitions qui ne l'ont pas été durant l'année. Dans 95% d'entre elles, le besoin d'acquérir une plus grande maturité est aussi un motif pour redoubler. Parmi les autres raisons relevées, mentionnons la volonté de permettre à l'élève de connaître des succès ainsi que de lui éviter de subir un échec à long terme.

B. LES CONSTATS : Les doubleurs ont généralement des résultats supérieurs au cours de l'année doublée. Les résultats baissent par la suite. Deux ans après l'année doublée, les résultats des doubleurs sont aussi faibles que les résultats des élèves faibles qui eux, avaient été promus, et ce, même si les doubleurs étaient plus âgés que les autres.

3. La conception du développement de l'enfant

Les études indiquent une différenciation des enseignants quant à leur conception du développement de l'enfant. Les NATIVISMES le voient comme un processus interne, organique et indépendant de l'environnement. Les enseignants qui sont de ce type sont ceux dont le taux de redoublement est le plus fort.

D'autres enseignants voient le développement de l'enfant comme un processus influencé par les parents, les enseignants ou d'autres forces de l'environnement. Les ENVIRONNEMENTALISTES se répartissent en trois catégories reliées à certains types d'intervention:

A. INTERVENTION DE TYPE CURATIF : Les enseignants croient qu'il est possible de diagnostiquer un déficit en ce qui a trait à certaines habiletés nécessaires aux apprentissages pré requis à un niveau donné et prescrivent un programme permettant l'entraînement de l'habileté déficiente pour pallier ces difficultés.

B. INTERVENTION DE TYPE CORRECTIF : Les enseignants croient qu'il s'agit de fournir des occasions supplémentaires d'apprentissage à l'enfant et de séparer le programme en segments pour l'aider dans ses difficultés. Ils estiment qu'un enseignement supplémentaire peut suffire pour corriger les lacunes dans les habiletés préparatoires au niveau donné.

C. INTERVENTION DE TYPE INTERACTIONNISTE : Les enseignants accordent à l'environnement un rôle important, l'apprentissage est une interaction complexe de la nature psychologique de l'enfant et de l'environnement que proposent les enseignants.

4. Le redoublement et l'école

Les écoles qui ont un taux élevé de redoublement sont de tendance plus bureaucratique et les enseignants semblent travailler plus isolément. Il semble aussi que le redoublement de la préscolaire (ou d'un autre niveau) est un avantage pour l'enseignant de 1re année (ou d'un niveau supérieur donné) et que le renvoi à un niveau inférieur est aussi une pratique de cette tendance.                                                                                                                                                                      

«Certains élèves ne maîtrisant pas tous les objectifs de la classe précédente posent, aux yeux des enseignants qui les reçoivent, des difficultés encore plus grandes lorsqu'elles ou ils sont promus. Dans certains milieux, on reproche même aux collègues leur manque de rigueur lorsqu'ils donnent une «chance au coureur» en autorisant le passage d'un élève en difficulté à la classe supérieure. La crainte d'être qualifiés d'enseignants trop permissifs peut influer sur les décisions relatives au passage ou au classement».

Au contraire, dans les écoles où le taux de redoublement est faible, les enseignants collaborent avec les autres et tiennent davantage compte des différences individuelles. Ils suscitent davantage la participation des parents et des autres ressources humaines pour jouer un rôle de tuteur auprès des élèves qui ont certaines difficultés.

6. Les solutions de rechange

Le redoublement peut s'avérer la meilleure solution pour un élève seulement si on a évalué les avantages et les inconvénients des autres solutions. Les caractéristiques organisationnelles qui ressortent le plus souvent dans les études sont les suivantes :
. classes dont les effectifs sont réduits ;
. enseignement plus individualisé ;
. occasions plus nombreuses d'enseignement correctif ;
. programme compensatoire en lecture et en mathématique ;
. un regroupement des élèves selon lequel les classes sont ouvertes ;
. tutorat par l'enseignant, par des élèves plus âgés, par des parents ou des pairs ;
. techniques de motivation ;
. extension des heures de classe ;
. cours durant l'été.                                                                                                                                                                                                             

On propose de plus une structure d'école à classes multiprogrammes ou qui ne comporte pas de passage par classe. D'autres milieux, sans aller aussi loin, favorisent néanmoins une organisation de classe plus souple et plus adaptée à la diversité des élèves. Par exemple, une gestion de classe qui tient compte de la diversité des compétences et des styles d'apprentissage des élèves constitue un contexte favorable à la poursuite du développement des élèves doubleurs.

La réussite éducative, tout comme l'échec scolaire, sont liés à de multiples facteurs dont principalement : le rendement de l'élève, son concept de soi, les relations avec les camarades, les conséquences à long terme de la variable que constitue l'âge, etc.

Une étude longitudinale portant sur les élèves raccrocheurs au secondaire d’origine doubleurs permettra de mieux cerner l'évolution de ces variables et d'en dégager les principaux effets.                                                                                                                                                        

 

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Commentaires (3)

1. siham 29/12/2008

ton site est pas mal je te félicite bon continuation

2. ihcene 07/12/2011

Votre site est Magnifique , si bien conçu .

Merci beaucoup j'ai beaucoup appris grâce à vous .

3. CESSOUMA 20/04/2012

Un bon site

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