La pédgogie actionnelle 2

                                                                                   La pédgogie actionnelle 

Comment développer une écoute active?

    Comme nous l’avons expliqué précédemment, la connaissance de tous les mots n’est pas primordiale pour comprendre un document. L’intention de l’approche actionnelle est de mettre en place des stratégies d’apprentissage qui permettront à l’élève d’accéder à la compréhension. Rappelons également que le mot, en tant qu’unité sémantique et orthographique, n’existe pas à l’oral.. En effet, les mots ne sont pas repérables en raison des liaisons et de l’accent tonique. C’est pourquoi le professeur ne doit pas s’acharner à bâtir sa fiche  à partir de la transcription de son document. Il doit au contraire se mettre à la place de l’apprenant et essayer de comprendre les difficultés auditives auquel ce dernier sera confronté. Plusieurs critères sont à retenir. La discrimination des sons, la segmentation du message sonore, la prise en compte des éléments extralinguistiques (intonation, environnement sonore, éléments typographiques, la gestuelle, le contexte) et la mise en relation de certains facteurs linguistiques (pronoms personnels, accord des adjectifs) sont donc des critères à prendre en compte lors de la préparation d’un cours ou de l’élaboration d’une fiche.

 

     Dans son livre intitulé Enseigner l’oral en interaction, Elisabeth Lhote répertorie toutes les difficultés d’écoute auxquelles les auditeurs peuvent être confrontés. Elle explique d’abord que l'écoute active est une « écoute consciente effectuée dans la vigilance. », qui met en jeu trois fonctions : la fonction d'ancrage, qui pousse l'auditeur à sélectionner et à concentrer son attention sur certains  éléments pendant qu'il consulte sa mémoire, la fonction de repérage, qui conduit l'auditeur à comparer, choisir ou à refuser les hypothèses émises par la fonction d'ancrage. Enfin, la fonction de déclenchement, qui est la résultante des deux premières. C'est elle qui aboutit à la compréhension.

     Je me suis inspiré de l'étude menée par Elisabeth Lhote sur la compréhension de l'oral et de mes réflexions sur le terrain pour distinguer trois grands types d'écoute qui, une fois enseignées, permettront à l'élève d'optimiser sa capacité à écouter un message sonore.

L'écoute globale est conseillée aux élèves dits "analytiques" qui, bloquant sur certains mots, peinent à comprendre le sens d'un message. La spécialiste recourt à une écoute à plusieurs vitesses. En augmentant peu à peu la vitesse de la  bande sonore, on favorise le repérage des mots ou des syllabes mis en relief. 

L'écoute de la variabilité, par la diversification des tâches, change certains comportements un peu figés ; elle séduit ceux qui ont de l'imagination et détourne l'attention des auditeurs  "analytiques".

L’écoute analytique est destinée à ceux qui commettent des contresens. On propose aux élèves des documents permettant de travailler l'argumentation, l'explication  et la description afin de fixer leur attention sur la structure du document. (tâche de segmentation). Il s'agit également de faire rechercher les mots clés et les connecteurs logiques qui contribuent au sens global et à l'articulation des différents éléments du texte. On peut également leur demander d'inventer le contexte situationnel du document ou de choisir parmi plusieurs scenario celui qui correspond le mieux au document (avec justification). On facilite ainsi la détection d'indices que l'on oublie d'habitude d'écouter et de voir.

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