classement de 'élève et le redoublement

                          Classement de l’élève et le redoublement

INTRODUCTION :

Lorsqu'il est question du classement d'une ou d'un élève qui ne maîtrise pas les objectifs minimaux des programmes scolaires d'une classe donnée, on propose généralement comme mesure d'aide : le redoublement, mesure mieux connue sous le vocable " doubler ". En effet, malgré qu'on connaisse déjà les effets secondaires possibles du redoublement sur le plan émotif et social chez certains et certaines élèves, beaucoup de personnes-ressources du milieu scolaire décident d'y recourir faute d'avoir d'autres solutions à proposer. Confiants que l'année reprise permettra à l'élève d'obtenir de meilleurs résultats scolaires, certains ou certaines appliquent cette mesure; le redoublement s'avère ainsi la solution la plus acceptable, celle en laquelle il faut mettre de l'espoir.

 


Aujourd'hui, la diffusion de résultats d'études, selon lesquels il existerait un lien entre le redoublement d'une année au primaire et le décrochage scolaire, remet en question la pratique du redoublement. Les problèmes liés à cette pratique doivent dorénavant mener à des actions bien articulées.

Le présent document fait état, dans la première partie, des recherches concernant le redoublement et son efficacité. La deuxième partie présente les problèmes liés au classement de l'élève en difficulté et propose des moyens pour améliorer la prise de décision. Enfin, la dernière partie énumère les conditions d'intervention efficaces favorisant la réussite scolaire tant chez l'élève qui redouble que chez l'élève qui a obtenu le passage en classe supérieure en dépit de son échec scolaire

 


1. L'ÉVOLUTION DE LA PRATIQUE DU REDOUBLEMENT

La popularité du redoublement, comme mesure d'aide à l'élève qui ne maîtrise pas les objectifs du programme de sa classe, varie en fonction des courants de l'histoire. En effet, le redoublement était une mesure utilisée dès le XVIe siècle chez les Britanniques (Johnston, Markle et Mims, 1985, dans Ziegler, 1992). Aux États-Unis, jusqu'au milieu du XIXe siècle, les écoles ne fonctionnaient pas par classes (Balow et Schwager, 1990; Light, 1981). Le redoublement s'est avéré pertinent avec l'apparition des écoles organisées de façon graduée (Balow et Schwager, 1990; Rose, Medway et autres, 1983 cités par Kay et Van Dusseldorp, 1984). Cette mesure est devenue monnaie courante à un point tel qu'on retrouvait parfois des adolescentes et des adolescents retenus dans les premières classes (Balow et Schwager, 1990; Faerber et Van Dusseldorp, 1984).

Vers 1930, le développement des sciences sociales amène la remise en question de cette pratique en raison de l'effet néfaste qu'elle risque d'avoir sur le développement social et émotif de l'élève (Johnston, Markle et Mims, 1985, dans Ziegler, 1992). Dès lors, le passage en classe supérieure n'est plus fondé uniquement sur des critères de performance scolaire. Un ou une élève, n'ayant pas acquis les objectifs de base d'une classe donnée, peut obtenir son passage en classe supérieure afin de suivre les élèves de son groupe d'âge (Ostrowski, 1987; Faerber et Van Dusseldorp, 1984). Les tenants de la " promotion sociale " (ou passage automatique en classe supérieure) croient que le redoublement n'est pas utile puisqu'il fait recommencer à l'élève un programme qui, s'il n'était pas réussi dans un premier temps, ne le serait pas davantage plus tard (King, 1984).

Au début des années 60, le passage automatique en classe supérieure est à nouveau remis en question. Étant donné la baisse des résultats des élèves aux tests, certaines éducatrices et certains éducateurs se sont faits les défenseurs d'une politique de classement plus stricte afin de s'assurer de la maîtrise du contenu des programmes par l'élève. Ils ne veulent plus accorder de passage à rabais en classe supérieure. Selon eux, l'admission en classe supérieure pour des raisons sociales ne favorise pas la recherche de l'excellence (Leblanc, 1991).

Ces personnes considèrent que l'élève qui passe à une classe supérieure sans avoir maîtrisé les exigences de base, éprouvera un sentiment d'échec encore plus important que si elle ou s'il avait redoublé.

Au Québec, comme dans bien des domaines, le classement a suivi le courant américain. Tantôt le redoublement s'est avéré la solution privilégiée, tantôt cette solution a été écartée en faveur du passage automatique en classe supérieure. Ce dernier est accordé afin de favoriser chez l'élève un développement affectif plus harmonieux. Les tenantes et les tenants du passage automatique en classe supérieure estiment que cette façon de faire est préférable puisque, selon eux, le redoublement n'améliore pas le rendement scolaire. Outre le fait de recommencer un programme qui n'est pas réussi la première fois et qui ne l'est pas davantage lors du redoublement, ils constatent également que la reprise d'année entraîne bien souvent une baisse de l'intérêt de l'élève pour l'école.

Par ailleurs, les raisons invoquées en faveur de la reprise sont que l'élève a de meilleures possibilités d'acquérir les notions scolaires lui permettant d'accéder à la classe supérieure et de vivre un succès qui l'amènera à reprendre confiance en ses chances de réussite. Cette pratique permet, selon les tenantes et les tenants du redoublement, un enseignement relativement uniforme puisque donné à des groupes d'élèves plus homogènes .

Depuis les années 90, la question du décrochage scolaire et la proportion plus importante de jeunes n'obtenant pas leur diplôme d'études secondaires a relancé, au Québec, le débat à propos du redoublement.

Dans la pratique, les personnes-ressources du monde scolaire s'entendent sur le fait que le redoublement doit demeurer une mesure ultime, étant donné les risques pour le développement personnel de l'élève et pour sa carrière scolaire. Malgré cette constatation, il semble que le redoublement soit, de nos jours, une mesure passablement utilisée en certains milieux. Actuellement, certains éducateurs et éducatrices l'utilisent régulièrement alors que d'autres n'y ont plus du tout recours. L'écart constaté dans l'utilisation de cette mesure semble partiellement dû aux convictions des gens au sujet de son efficacité. On remarque encore la présence des deux tendances en ce qui a trait à la décision de classement pour l'élève en difficulté. D'une part, on veut s'assurer de la maîtrise des contenus des programmes et, d'autre part, on veut épargner à l'élève de vivre les effets négatifs associés à la reprise d'une année. Aucune des deux possibilités ne semble vraiment apporter la solution au problème qui persiste.

Même si le taux de redoublement varie beaucoup d'une école et d'une circonscription scolaire à l'autre le redoublement est une réalité qui touche bon nombre d'élèves.

Une telle pratique n'est pas sans conséquence sur le budget consacré à l'enseignement.

2. LES TAUX DE REDOUBLEMENT SELON LES MILIEUX SCOLAIRES

Une étude réalisée montre que cet écart pourrait s'expliquer en partie par l'indice de défavorisation du milieu. De même, cette étude suggère de tenir compte de la présence de cas d'adaptation scolaire.

 

Ailleurs dans le monde, la situation varie beaucoup. Une recherche récente souligne cependant l'absence à peu près généralisée de statistiques organisées et comparables sur le sujet (Brais, Giroux et autres, 1996).

En 1987, la plupart des pays d'Europe et le Japon indiquaient un taux de redoublement de moins de 1 % (Smith et Shepard, dans Ziegler, 1992; Fuhrman, Clune et autres, 1990).

Par contre en France, de 1976 à 1985, le taux de redoublement a presque doublé en dix ans, passant de 7,7 % à 13,6 % (Leblanc, 1991). Depuis 1992, la France a mis en place une politique de non-redoublement (Brais, Giroux et autres, 1996).

Enfin, environ un tiers des élèves belges redoublent au moins une classe au primaire (Grisay, 1989, dans Leblanc, 1991).

 3. LES CARACTÉRISTIQUES DE L'ÉLÈVE QUI REDOUBLE            

3.1 Le sexe

L'élève qui redouble est plus souvent un garçon. En effet, chez les redoublantes et les redoublants, on rencontre jusqu'à deux fois plus de garçons que de filles. Des données québécoises plus récentes indiquent une proportion identique : 66 % de garçons contre 34 % de filles. On constate des proportions du même ordre au regard de l'abandon scolaire : en effet, les garçons sont également deux fois plus nombreux que les filles à abondonner l'école.


3.2 L'âge

L'élève qui redouble est souvent parmi les plus jeunes de son groupe d'âge On observe particulièrement ce phénomène parmi les élèves nés en juillet, août et septembre.

 C'est sans doute pour cette raison que parmi les suggestions émises pour prévenir la reprise d'année, il est question de rendre plus flexible l'âge d'entrée à l'école

3.3 Le comportement

L'élève ayant des problèmes émotifs et comportementaux tend à redoubler plus fréquemment que ses camarades. Ces facteurs liés à l'élève sont habituellement perçus comme la cause du redoublement En outre, l'élève qui redouble est souvent déjà désigné comme un ou une élève qui présente un handicap ou des difficultés d'adaptation et d'apprentissage. Des chercheuses et des chercheurs rapportent que l'élève ayant un trouble d'attention avec hyperactivité, de même que celle ou celui qui présente de l'opposition, risquent quatre fois plus que les autres de recommencer leur année (Parker, 1992). Le risque de décrochage est aussi huit fois plus grand que chez leurs camarades.

3.4 L'absentéisme

La redoublante et le redoublant présentent un nombre élevé d'absences. En effet, environ 70 % des redoublantes et des redoublants ont été absents de l'école onze jours et plus (Leddick, 1988). De plus, dix pour cent des élèves qui redoublent auraient été suspendus de l'école au moins une fois.

 

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Commentaires (2)

1. mikabella85 01/05/2010

moi je suis absolument contre le redoublement surtout au primaire vu le choc que cela engendre,moi j'ai vu des élèves qui redouble un niveau 2 ou 3 fois et cela n'a rien donné sur le plan cognitif, des élèves qui étaient "faibles" au primaire et qui sont devenu excellent au lycée, ya des élèves qui démarrent bien leurs apprentissages d'autres moins bien

2. papilito 27/08/2010

Sans reoublement, la réussite aurait-elle un sens??

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